Maude Crépin, une pilote qui en a sous le pied !

Maude Crépin, une pilote qui en a sous le pied !

Maude Crépin, une pilote qui en a sous le pied !

Pour la fête des mères, Evo Sprint met une pilote à l’honneur ! La suissesse Maude Crépin, passionnée d’automobile depuis sa plus tendre enfance, nous raconte son parcours et sa passion.

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis née a Genève il y a 36 ans et j’habite à Lausanne, en Suisse, où je travaille comme technicienne en radiologie dans un grand hôpital.
Pour concrétiser mes rêves de rallye, je me suis installée en 2008 à Ales dans le Gard, où j’ai vécu 5 ans. Quel bonheur d’apprendre à piloter sur les routes mythiques des Cevennes ! J’ai eu la chance de faire une trentaine de courses (rallyes et côtes) grâce au soutien de nombreux amis, qui m’ont aidé tant en mécanique qu’en conseils de pilotage. Maintenant, je ne fais qu’une ou deux courses par an, lorsque le budget le permet.

D’où te vient ta passion pour les sports automobiles ?

Dès mon plus jeune âge, je rêvais que je conduisais la 304 familiale, je jouais avec mon frère aux petites voitures et me déplaçais fièrement dans le quartier sur un karting à pédales. N’ayant eu ni mobylette ni scooter avant mes 18 ans, passer mon permis fut un des plus beaux jours de ma vie ! De là à savoir d’où vient cette passion… Aucun membre de ma famille n’a pu me l’expliquer.

Que fais-tu, à côté de cette passion ?

Comme toutes les filles ou presque, j’ai fait beaucoup d’équitation et un peu de compétition. Mais j’aime surtout les balades en pleine nature et m’occuper des chevaux.
Je passe aussi du temps en montagne, j’aime les randonnées, le VTT, le ski, le snowboard, les bonnes bouffes au chalet et les après-ski entre potes. En gros, la vie en plein air, hors du boulot !

Te souviens-tu de la première fois que tu es allée voir une course ?

J’entends encore résonner dans la montagne les rugissements de la 306 Maxi de Delecour, au Mont Blanc 1997… C’était une spéciale de nuit, je ne sais plus exactement laquelle, mais quand j’ai vu cette fabuleuse auto débouler comme un éclair dans un bruit hallucinant, la rampe de phare en plein visage, je suis restée quelques minutes abasourdie ! J’en avais les larmes aux yeux et me suis dit : “c’est ça que je veux faire”… Quelques semaines plus tard, j’avais mon permis de conduire et je partais voir le rallye du Var avec mon frère Arnaud. La vraie passion était née, et ne nous a plus lâché depuis !

Depuis quand pilotes-tu ?

Ma toute première expérience était en slalom en 2006, avec la Clio Williams d’un pote en catégorie Loisir. J’ai adoré et me suis achetée une vieille Saxo VTS d’origine pour continuer l’aventure.
En 2009, pour mes 30 ans, j’ai pris le départ du rallye du Gard avec ma Saxo
transformée en mini groupe A par les copains. Ce n’est qu’en 2010, après plusieurs abandons mécaniques, que j’ai enfin pu passer une ligne d’arrivée avec cette auto.

Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer dans le pilotage de sprint car ?

Piloter un sprint car m’avait traversé l’esprit quand j’avais entendu parler des fameuses Ice Girls du Trophée Andros, puis de la catégorie féminine (les Sprint Girls), mais cela me semblait intouchable. N’ayant eu que des autos à moteur d’origine, je souhaitais affiner mon pilotage avec des engins plus puissants, sans toutefois me ruiner. C’est un ami copilote qui m’a orienté vers l’école Evo Sprint. J’ai découvert une approche très pédagogique du pilotage, relative à la sensibilité des commandes et aux pertes d’adhérence sur la terre. Grâce aux conseils de Florent Tafani et des moniteurs, j’ai la sensation d’avoir énormément progressé… et c’est de loin le meilleur rapport prix/plaisir qui puisse exister en sport automobile!

Le Volant, c’est ta première compétition ?

Non. J’ai participé à quelques sélections “grand public” pour tenter de rouler à moindres frais. Malgré l’accès à plusieurs finales, je n’ai jamais rien gagné.

Pourquoi avoir voulu participer ?

Nous étions un groupe de 5 copains, dont mon frangin, inscrits pour un stage la veille sur le même circuit. Nous avons décidé de participer au Volant du lendemain pour pouvoir rouler un peu plus dans le weekend et se “tirer la bourre” au chrono.

Quel effet ça fait d’avoir réalisé le meilleur temps lors de cette première sélection ?

Ça fait tout drôle, mais rien n’est gagné puisque c’est à la finale qu’il faut faire le meilleur temps !

Pas trop compliqué d’être une pilote dans ce sport plutôt masculin ?

Être une fille en sport auto suscite une forme de curiosité et d’intérêt qu’il faut pouvoir tourner à son avantage, en acceptant l’aide spontanée des gens et les conseils dans tous les domaines. Ce n’est pas toujours évident pour une nana de devoir prouver aux mecs qu’elle est aussi passionnée et concernée qu’eux. Pour progresser rapidement en tant que féminine, je dirais qu’il faut s’entourer de personnes de confiance, pour la mécanique notamment, afin de se sentir bien dans l’auto et de prendre ses marques. Parfois c’est déstabilisant d’être parmi tant de pilotes masculins, surtout lorsque certains qui terminent derrière ne peuvent retenir leur frustration. Mais souvent cela se passe très bien. En course le fair-play a sa place, il n’y a plus que des pilotes, hommes et femmes confondus.

Quelles sont tes ambitions dans le domaine du pilotage automobile ?

Ma plus grande ambition serait de faire une saison complète dans un championnat, d’avoir le budget pour me faire plaisir toute l’année… Mais si je peux souhaiter une seule chose, c’est de pouvoir continuer à être en bonne santé, pour rouler dans la bonne humeur et la rigolade aussi longtemps que j’aurai du plaisir à piloter!

Le mot de la fin ?

Merci à toute l’équipe d’Evo Sprint pour rendre cette discipline accessible à tous les passionnés de sports mécaniques et amateurs de sensations fortes ! Rendez-vous fin août à Verzé pour la finale du Volant, où j’espère ne pas être la seule fille. 😉